Au point où en sont rendues les choses, on peut se demander si cela vaut vraiment la peine de se farcir une sous-campagne électorale, pour permettre aux élus de choisir un maire temporaire qui remplacerait pendant les mois d’été le maire intérimaire qui a démissionné mardi.
Un maire pour nous faire passer l’été? Dans un Hôtel de ville placé sous le pilote automatique, et où aucune décision de conséquence ne sera prise, vu qu’il y aura des élections au début de novembre?
Pourquoi un maire, alors? Avons-nous absolument besoin d’un maire pour les quatre prochaine mois? Bien, non!
On ne va pas lancer de grands projets, prendre des décisions qui auront des incidences budgétaires, politiques, ou culturelles à long terme à l’Hôtel de ville d’ici au mois de novembre, c’est clair. Même si quelqu’un s’y essayait, la chicane prendrait tout de suite!
Alors, que restera-t-il pour occuper le maire? Les fonctions protocolaires? Elles peuvent être facilement déléguées à d’autres, élus ou fonctionnaires. Les urgences? Si le feu prend, si le fleuve déborde ou les égouts crèvent, il y a plein d’experts à l’Hôtel de Ville pour s’occuper de ces situations.
C’est sûr qu’on le reprocherait au maire s’il choisissait de rester au chalet si un déluge inondait le boulevard Décarie ou l’échangeur l’Acadie.
Mais, même s’il n’y avait pas de maire pour se montrer responsable à la télévision, Montréal passerait quand même au travers, parce que ce n’est pas le maire qui active les pompes… Alors? Pas de maire? Pas si grave…
Peut-être – je dis bien peut-être – que ce dont les Montréalais – et leurs élus – ont le plus besoin en ce moment n’est pas d’un maire temporaire, mais bien d’une longue cure de silence sur le front municipal?
On s’y intéressera de nouveau en septembre, ça, c’est garanti…