Campagne 2.0 : la révolution reste télévisée

- 28 août 2012

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Depuis le début de la campagne électorale québécoise, on annonçait qu’elle allait devenir la première campagne 2.0, bouleversant ainsi notre manière de s’adresser au public et… de faire des élections. Pourtant, alors qu’on approche de la fin de la campagne, on constate que de nouveaux outils se sont ajoutés à des campagnes qui demeurent, en fin de compte, 1.0.

 

Mais qu’est-ce que ça mange en hiver du 2.0?

 

Le Web 2.0 (son vrai nom) tel que l’entendaient des visionnaires comme Tim O’Reilly ou Dale Dougherty (qui lui a donné son nom) signifiait d’abord et avant tout une architecture de participation, centrée sur l’utilisateur, impliquant une bidirectionnalité complète des contenus et des communications; il implique la création de communautés sans hiérarchie dans la diffusion des messages et où la transparence et l’acceptation des contradictions et des oppositions sont essentielles.

 

Or on ne peut pas dire que nous en soyons là. Si toutes les formations politiques ont fini par comprendre que le Web devait être dynamique avec des sites vivants, actifs, bien actualisés, ceux-ci ne proposent pas encore de véritable conversation avec les citoyens. On tente bien sûr d’éviter les commentaires contradictoires, mais ce faisant on élimine aussi tout contenu provenant de la communauté. Pourtant, les exemples récents en France et aux États-Unis montrent bien les bénéfices d’un échange plus ouvert.

 

Plus média que social !

 

Dans les principales plateformes que sont Facebook, Twitter et YouTube, les partis ont tissé des groupes de fans, parfois importants, mais qui demeurent essentiellement des partisans, pas une communauté vivante, contradictoire et organique. C’est le regroupement de gens qui pensent exactement de la même manière. Sur YouTube, plusieurs initiatives intéressantes de webdiffusion, parfois même en direct, permettaient de suivre l’évolution de la campagne de chaque parti. Une diffusion unilatérale cependant, où le média social est simplement… un média !

 

La campagne a également envahi massivement la plateforme Twitter, sans causer de changement de paradigme. La plus grande partie des échanges se fait entre influenceurs et partisans, se retweetant à qui mieux-mieux le grand message du moment ou le mot d’esprit d’un politicien ou d’un exégète.

 

Pourtant, ailleurs…

 

On pourrait croire que la déclinaison 2.0 n’est finalement pas faite pour la politique mais nous avons eu des exemples probants de son efficacité de recrutement, de mobilisation et de conscientisation ailleurs dans le monde. Évidemment, la campagne de 2008 de Barack Obama est un exemple qui frôle le cliché mais quand on la regarde bien, on se rend compte qu’elle a respecté les fondements du Web 2.0 dans sa création de communauté. De même, l’utilisation intensive que la gauche française (et particulièrement Jean-Luc Mélenchon) a fait des médias sociaux lors de la campagne électorale de 2012 est également exemplaire de cette volonté de créer une communauté sincère et honnête, distante du discours des politiques.

 

Jusqu’ici, la « campagne 2.0 », qu’elle soit véritable ou prétendue, n’a pas vraiment influencé l’électorat. Si on regarde les mouvances des intentions de vote et qu’on tente de les aligner sur les mouvements des médias sociaux, on ne constate aucune cohérence avec les « trending » de Twitter ou les statistiques des pages Facebook.

 

À preuve, l’impact le plus important de Québec Solidaire sur l’électorat (pourtant le plus proche d’une vision 2.0) est venu à la suite du passage de Françoise David au premier débat télévisé des chefs. De la même manière, Jean-Marc Aussant et Option Nationale ont beau avoir investi avec application la sphère virtuelle, créant de multiples événements vidéo en direct, les intentions de vote pour ce parti demeurent toujours marginales.

 

Le bon côté de la chose, c’est qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre de ces nouveaux outils et que le meilleur est à venir !

 

 

 

L’équipe du blogue électorale d’Octane Stratégies

 

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