Fabi, la liberté, la censure

- 24 novembre 2012

C’est dans la nature même de la liberté de parole  qu’elle permet aux individus de proférer des âneries, des sottises, des propos inacceptables, racistes, ou homophobes; la liberté de parole permet aussi le mensonge, la désinformation, la propagande. Le blasphème, aussi, contre Dieu, son prophète, son culte.

On peut proférer des sottises pour provoquer, pour attirer l’attention, déranger le bourgeois, on peut le faire par bêtise, par ignorance, ou même parcequ’on pense qu’elles sont la vérité.

Il y a déjà des limites imposées à la liberté de parole, comme à toutes les autres libertés individuelles. Le libelle, la diffamation, l’appel à la violence, par exemple, sont interdits.

Quand un animateur de radio comme Jacques Fabi et une interlocutrice anonyme à son émission de ligne ouverte disent des propos inadmissibles contre les Juifs et en faveur de l’Holocauste, on peut protester, les dénoncer – ce que plusieurs ont fait et ce que je fais moi aussi – on peut choisir de boycotter son émission, la chaîne qui la diffuse, et même les produits et services qui s’y annoncent. L’employeur de M. Fabi peut le réprimander, le suspendre, ou le congédier, pour des raisons morales, politiques ou commerciales. À son choix.

Mais on ne devrait jamais, en aucun cas, demander aux autorités – politiques, gouvernementales ou policières – de se mêler de ces affaires, d’intervenir pour punir ou s’assurer que de telles choses ne se produisent plus.

Car la seule chose qui est pire que vivre dans une société où un annonceur refuse de sanctionner les propos racistes d’un auditeur, c’est de vivre dans une société où la liberté de parole est soumise aux critères des autorités.

Cela a été vérifié partout et de tout temps: les censeurs ne sont jamais drôles.

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4 commentaires

  1. Gilles Baribeau dit :

    Sans impliquer les autorités publiques dans cette affaire, c’est l’animateur qui aurait dû couper court aux propos racistes de son interlocutrice sur les ondes de la radio. Il s’agit d’une erreur de jugement de sa part, dont la sanction relève du privé, soit entre lui et son employeur, sans plus. On ne peut empêcher les idiots de se prononcer, sans toutefois leur faciliter la chose en leur présentant un micro pour éructer leurs injures et leurs bêtises.

    Gibar

  2. J’ai écouté l’émission ou une partie des émissions de Fabi alors qu’il sévissait sur CKAC
    il y a quelques années. Certaines nuits je coupais l’émission avant de n’enrager bien
    noir, aussi bien contre Fabi et de certains de ses interlocuteurs, )un peu ivre, une peu
    malade mental, beaucoup prétentieux, enfin une flopée de joyeux bosos sans culottes.

    Rarement, surtout en début de nuit, je pouvais m’identifier à certains(nes) intervenants
    qui savaient s’exprimer avec intelligence et bon sens.

    J’ai entendu un bref résumé de ce que l’on reproche à Fabi. S’il s’était contenté d’écouter
    cette sautée de la capine qui, de toute évidence, voulait pomper le mauvais caractère
    de Fabi et de la retourner à ses oreillers dare-dare. Parfait. Mais Fabi c’est Fabi et il n’a
    pu résister au plaisir d’en remettre. Un peu comme le soir des élections alors qui traitait
    le nouveau gouvernement de «zouff», et j’en passe par ce que j’ai coupé l’antenne.

    Souvent il monte sur ses grands chevaux pour s’en excuser aussitôt.

    Je pense que l’homme est un grand frustré à casquette, intelligent tout de même
    mais dont les pertes de contrôles sont légendaires.

    Voilà pourquoi il ne peut que faire des émissions de nuits.

    Son superbe ego l’enverra peut-être à la maison. Moi je dis non. Une courte pénalité
    et hop on continu.

    Réjean Grenier, Mont-Laurier,
    Je l’écoute sur ma nouvelle télé hd.
    Je suis malade et dort presque plus.
    Alors, pourquoi pas Jacques Fabi?

  3. mj dit :

    Je suis bien d’accord avec vous. Je ne crois pas que ce soit au gouvernement de tout légiférer. Mais au citoyen de dénoncer ces abus de propos.

  4. Daniel Montoetit dit :

    C’est vrai que : Où il y a de la haine, il n’y a pas de plaisir.

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