la langue …marinée

- 28 novembre 2012

Les «défenseurs» patentés du français au Québec sont des gens qui doivent être très malheureux dans la vie. Ils sont   les plus pessimistes, et les plus alarmistes de tous.  Toujours aux abois, persuadés que tout fout le camp, et que le français a besoin d’un remède de cheval aux soins intensifs, pour l’empêcher de mourir dans la journée.

On dirait que ces gens-là carburent aux mauvaises nouvelles, et que rien, absolument rien de pourrait les calmer, les rassurer.

Cette semaine, par exemple, Mme Louise Marchand, la directrice de l’Office Québécois de la langue française (donc, pas exactement un agent de l’assimilation des francophones) a conclu, en déposant de nouvelles études sur la langue utilisée au travail, que «le français demeure clairement la langue de travail de la majorité des Québécois.»

Répétons ça ici«le français demeure clairement la langue de travail de la majorité…»

Réaction du Mouvement Québec français, cité dans le Journal d’hier: le MQF trouve les progrès insuffisants et le déclin du français trop important. Il attribue cela aux affaiblissements de la Loi 101.

Les études de l’OQLF déposées mardi indiquent que 80 pour cent des gens travaillent principalement en français à Montréal, selon le recensement. C’était 69 pour cent, en 1971.

En 1971, 42 p.  cent des immigrants dont la langue maternelle n’était ni le français ni l’anglais travaillaient en français. Aujourd’hui, ils sont 68 p. cent.

Et encore: 87,6 pour cent des gens travaillant dans des entreprises de moins de 50 employés le font principalement en français.

Résultat? Le Québec «glisse vers l’anglais» depuis 1989, dit Mme Diane de Courcy, ministre responsable de la Loi 101.

La FTQ, elle, appelle le nouveau gouvernement à renforcer la Loi 101 afin qu’elle exige l’utilisation du français à l’intérieur des entreprises de 50 employés et moins.

Alors, qu’est-ce qui pourrait calmer ces vaillants défenseurs du français? La disparition de l’anglais, voilà quoi.

C’est le bilinguisme – c’est à dire l’usage d’une autre langue en plus du français – qui les fait crier.

Le mouvement impératif français questionne les motivations de l’OQLF, pour qui travailler principalement en français signifie utiliser le français pendant la moitié du temps ou plus. «Il serait normal d’utiliser le français 100 p. cent du temps,» dit un porte-parole.

«Normal» d’utiliser le français 100 pour cent du temps? Dans les échanges commerciaux avec les États-Unis, les échanges culturels avec la Suède, le service à la clientèle, comme ce vendeur de billets du métro qui refuse de répondre aux clients en anglais?

C’est ça, protéger le français? Éradiquer le bilinguisme?

Ces extrémistes lunatiques et intolérants ont parfaitement le doit de brouiller les cartes et de faire de la démagogie – comme prétendre que le français recule et s’affaiblit au Québec malgré l’évidence du contraire, ou que la connaissance ou l’usage d’une autre langue compromet le français, ce qui n’est pas le cas.

Ce qui inquiète, c’est qu’ils définissent l’attitude de notre société face aux questions linguistiques – et qu’ils jouissent d’une telle influence auprès du gouvernement.

Je ne sais pas pour vous, mais je pense que là où nous en sommes rendus aujourd’hui, le combat pour la survie du français devrait davantage porter sur la qualité de la langue, son respect, la façon de l’enseigner et de la parler (bonjour la radio, les humoristes et Loco locass) plutôt que sur la chasse aux sorcières bilingues…

 

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5 commentaires

  1. seb dit :

    Pourquoi ne pas parler de la diminution de l’utilisation du français au travail depuis 1989?

  2. Marco dit :

    « Pourquoi ne pas parler de la diminution de l’utilisation du français au travail depuis 1989? »

    Parce que, si vous voulez rester dans votre petit jardin fermé au monde, vous avez le libre choix et toute la liberté de le faire, mais je ne comprends pas porquoi tous doivent le faire.
    Vous voulez rester unlingue jusqu’à la fin de votre vie ? Si ça marche pour vous, bonne chance, mais arrêtez de dire au monde ce qu’on doive faire !

  3. Lorraine I dit :

    seb…Pourquoi toujours regarder le verre « a demi plein » ?

    Le dernier rapporte date de mardi dernier soir 2012, indiquant que 80% des gens travaillent EN FRANCAIS principalement et 87,6% disent travailler principalement EN FRANCAIS dans les PME.

    Que le Qc se separe ou pas, il demeure, qu’il sera toujours dans « un ocean d’anglophones » et RIEN absolument RIEN ne changera quoique ce soit dans le fait que les Quebecois francophones ou autres se doivent d’etre « bilingue » francais et anglais.

    Alors, suivez-nous ici au XXI ieme siecle.

  4. Fleur H. dit :

    Bonjour,

    Je suis une anglophone du Québec. @seb. Tu pourras commenter sur mon français lorsque j’aurai terminé. Je trouve que mon français vaut amplement les étudiants qui sortent de nos Universités ces jours-ci. On a également une petite PME de 20 employés. La langue de travail est le français. Par contre les patrons eux parlent et l’anglais et le français dont moi-même. Il faut quand même être capable de parler les 2 langues puisque nous avons des fournisseurs du Vermont et de la Colombie Britannique. Pour moi je continue de parler l’anglais parce qu’il faut quand même que je puisse être capable de parler à ma famille qui demeure en Ontario. Ce que l’on veut au Québec, c’est qu’on vive entièrement en français comme le disait M. Lisée. Mais je sais que tant qu’on ne viendra pas surveiller ma maison à savoir si je parle français ou pas, il est fort à parier que chez moi tout se fait en anglais. Ce sera toujours comme ça pour moi. C’est désolant qu’on ne comprenne pas au Québec que ce n’est quand même pas un péché de parler anglais. Et l’anglais au Canada n’est pas une langue étrangère et à ce que je sache je suis toujours au Canada. Je ne comprends pas cette façon de ne pas accepter le fait que plus tu parles de langues plus on est ouvert sur le monde. Ma petite fille de 9 ans parle 3 langues déjà. Je peux comparer ça à soit vivre à la campagne ou vivre en ville. Je ne dénigre pas la campagne puisque je demeure à la campagne. Je fais une comparaison. C’est comme si quelqu’un de la campagne disait, je ne veux pas faire ça, c’est pour ceux qui sont assez fous pour vivre en ville. Mais la question que tu peux poser. Est-ce que tu l’as essayé? Pourquoi ne pas ouvrir de nouvelles horizons?

  5. Lorraine I dit :

    Correction: Mon intervention date du 28@ 13h12 qui s’addressait a seb aurait du se lire: « Pourquoi toujours regarder le verre a-demi vide?! »

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