C’est le nombre de sièges que le PLQ perdrait si les 18-24 ans avaient un taux de participation de 100%.
Le conflit étudiant est probablement une des raisons principales expliquant pourquoi le Québec est en campagne électorale. Même si cet enjeu n’est pas aussi présent qu’attendu (pour l’instant) et a été remplacé par le thème de la corruption (tel que présenté sur ce blogue par les chiffres d’Influence Communication), il n’en reste pas moins qu’il s’agît d’un sujet d’actualité.
L’une des questions est vraiment de savoir si ce conflit peut influencer l’élection. Ou, en d’autres mots, qui sont les potentiels gagnants et perdants. La réponse est complexe. Au niveau provincial, il n’y avait pas eu de grands bouleversements dans les sondages durant le conflit, si ce n’est la suite du déclin de la CAQ (qui est depuis remontée). Cependant, le dernier Léger nous montre bien que les jeunes (18-24 ans) ont des intentions de votes fort différentes du reste de la population. En particulier, le soutien au PLQ est très faible (seulement 14%) alors que le PQ est légèrement plus élevé (38%). La position du gouvernement sur les frais de scolarité est certainement pour beaucoup dans le faible appui au parti de Jean Charest. Étonnamment, QS n’est pas significativement plus populaire au sein de cette population. Ce sont au contraire les Verts et Option Nationale qui sont gagnants.
Heureusement pour le PLQ, les 18-24 ans non seulement ne représentent pas un groupe très nombreux (environ 10% selon le dernier recensement), mais en plus ils ont tendance à moins voter que le reste de la population. Par exemple en 2008, le DGEQ estime que le taux de participation des 18-24 ans n’a été que de 41%. Ainsi, les jeunes et étudiants ne font définitivement pas entendre leur voix suffisamment lors des élections. Dans cet article, nous simulons les résultats de la prochaine élection en cas de participation massive de ce sous-groupe de la population.
Nous procédons ainsi: en utilisant les intentions de votes par âge du dernier sondage Léger, nous recalculons les intentions de votes globales en augmentant la part des 18-24 ans. Spécifiquement, si ce groupe avait un taux de participation de 100%, au lieu de 41.2%, son poids démographique plus que doublerait (en assumant que les autres groupes d’âges aient le même taux de participation qu’en 2008). Avec ce poids supplémentaire, les 18-24 ans seraient capable de faire en sorte que les intentions de votes globales soient un peu plus proches des leurs. Le tableau suivant présente les résultats. Les projections sont celles utilisant les chiffres du sondage Léger uniquement.
| Projections | PLQ | PQ | CAQ | Vert | QS | ON | |
| % | 31 | 32 | 27 | 2 | 6 | 2 | |
| Sièges | 46 | 57 | 21 | 0 | 1 | 0 | |
| Simulations | |||||||
| % | 29.3 | 32.8 | 26.2 | 2.8 | 6.3 | 3 | |
| Sièges | 38 | 66 | 20 | 0 | 1 | 0 | |
Comme on peut le voir, le grand perdant serait le PLQ. En termes de voix, il perdrait environ 2 points. Mais 2 points de perdus dans la “zone payante” peut faire mal et c’est ce qui explique la relativement importante perte de sièges. Bien sûr il s’agît de simulations et comme toujours, prenez cela comme un pur exercice pour satisfaire votre curiosité. En particulier, le modèle est fait pour estimer (par exemple) une baisse de 2 points d’un parti, pas forcément une baisse due seulement aux 18-24 ans. Il peut en effet y avoir des effets régionaux par exemples non inclus dans le modèle. Néanmoins, il reste que les 18-24 ans pourraient potentiellement avoir leur mot à dire tant leurs intentions de votes sont différentes du reste de la population. Mais pour cela, il faudrait qu’ils votent bien davantage qu’ils ne le font. Est-ce que le récent conflit pourra inciter ce groupe à se rendre aux urnes? Si oui, nous pourrions avoir quelques surprises le soir de l’élection.