Tout de suite après les débats (dont le premier aura lieu ce soir, dimanche) la campagne électorale redémarrera sur les chapeaux de roues. Pour chaque parti, la performance du chef donnera le ton au sprint final. Des dizaines de milliers d’électeurs « non-alignés » attendent les débats pour choisir définitivement leur camp. Voilà pourquoi tant d’analystes considèrent que le débat constitue le moment charnière de toute campagne électorale.
Certains visent l’or; d’autres pourraient se contenter de l’argent ou du bronze
Selon leur positionnement dans les sondages, les chefs se présentent au débat avec des stratégies, des attentes et des objectifs différents. Depuis 48 heures, les observateurs sont unanimes : Jean Charest doit marquer des points pour stopper l’hémorragie; François Legault doit surprendre pour consolider ses gains et progresser davantage; Pauline Marois doit démontrer qu’elle a l’étoffe pour gouverner et doit préserver son momentum. MM. Charest et Legault doivent absolument gagner, alors que Mme Marois pourrait se contenter de ne pas perdre. Devant les trois autres, Françoise David a une position particulière. Tout d’abord, elle ne participe qu’au débat à quatre, ce soir. Parallèlement, elle ne changera pas la donne face à la prise du pouvoir. Elle doit donc se servir du débat pour faire mieux connaître son parti et ses positions d’un plus large auditoire. De plus, son élection dans Gouin peut se jouer au débat.
Un peu comme lors des compétitions sportives, deux variables déterminent la note finale : le degré de difficulté et la performance. Pour gagner, un parcours sans faute ne suffit pas toujours. Il faut surprendre, attaquer, déstabiliser l’adversaire. Or, plus un chef prend des risques, plus il est sujet à commettre des erreurs. Toutefois, cette année, puisqu’il y aura plusieurs débats, les chefs auront la chance de racheter une mauvaise performance, de marquer des points supplémentaires ou peut-être même de se sortir carrément de la course.
La guerre du « spin »
Sans même attendre la fin du débat, les spécialistes du « spin » de chaque parti entreront en scène afin de conditionner (ou tenter de…) l’opinion des journalistes en leur rappelant les bons coups de leur chef, en minimisant ses faux pas, en attirant leur attention sur une bourde d’un adversaire, etc. Cette opération vise à influencer les journalistes qui, dans les minutes qui suivront la fin du débat, iront en ondes ou écriront leurs articles afin de donner leur verdict : victoire? match nul? les bonnes et les mauvaises surprises? les meilleurs coups portés? les répliques les plus cinglantes?
Puisque les médias sociaux se sont invités dans la campagne, des centaines de milliers de tweets fuseront de toutes parts, pendant et après le débat, entre électeurs, journalistes, « spin doctors », candidats, etc. De cette cacophonie pourrait naître un « buzz », une tendance qui risque d’être lourde à renverser.
L’après-débat
Immédiatement après le débat, les sondeurs passeront à l’attaque en mesurant l’impact du résultat sur les électeurs. Ces sondages confirmeront que le gagnant du débat a droit à une prime : le transfert dans son camp d’un nombre significatif d’électeurs qui veulent « gagner leurs élections ». C’est pour cette raison que l’on dit qu’après le débat, le ciment comment à prendre et qu’il devient très difficile de renverser la vapeur.
Chaque parti fera sa propre analyse du débat et prendra acte de ce que les médias en auront retenu. Gagner ou perdre de débat n’a pas seulement un impact sur l’opinion des électeurs. Le verdict est également important pour la « machine » et le plan de match du dernier droit de la campagne sera déterminé en fonction du résultat. De plus, les militants du parti dont le chef a gagné le débat reçoivent une surdose d’adrénaline qui les fera travailler encore plus fort jusqu’à la fin. Dans le camp adverse, ce sera plus compliqué et la mobilisation risque fort de s’en ressentir.
L’équipe du blogue électoral d’Octane Stratégies
François Legault et la Coalition avec son projet d’abolition des commission scolaires va mener à l’apparition de coupons-rabais de restauration rapide lors de la remise des bulletins des élèves. Tout comme nous le voyons aux États-Unis !