J’évolue depuis un temps dans les médias. Mais je ne parviens pas toujours à comprendre comment se construit une nouvelle. Je m’explique. à partir d’un exemple tiré d’aujourd’hui. Le Parti Québécois vient d’annoncer les mesures qu’il compte prendre dans la gestion des accommodements raisonnables. Il propose notamment une Charte de la laïcité qui viendrait contredire politiquement l’idéologie du multiculturalisme. Le Parti Québécois insiste pour dire qu’elle sera respectueuse du patrimoine historique et culturel de la société québécoise. C’est-à-dire qu’il conservera, notamment, le crucifix à l’Assemblée nationale. Et qu’on ne cherchera plus à effacer les traces de notre héritage catholique. C’est gros, comme nouvelle, non? C’est quand même majeur? Chose certaine, si le PQ appliquait une telle mesure, le Québec changerait de cap en matière d’accommodements «raisonnables».
Quelle nouvelle en tire La Presse? «Djemila Benhabib retirerait le crucifix de l’Assemblée nationale». Autrement dit, on ne fait pas la nouvelle avec la position du PQ – une laïcité enracinée dans l’identité historique québécoise. On ne fait pas non plus la nouvelle avec le ralliement de Djemila Benhabib à cette position, qui, personnellement favorable au retrait du crucifix à l’Assemblée nationale, adhère néanmoins à la position du PQ et la fait sienne. Non. On met l’accent sur une dissidence personnelle que la principale intéressée tend à relativiser elle-même lorsqu’elle dit que le retrait du crucifix ne se trouverait aucunement dans ses priorités. Car Djemila Benhabib dénonce-t-elle la position de son parti ? Non. Elle l’endosse. Elle accepte la position du PQ sur la place du crucifix à l’Assemblée nationale. La nouvelle dit finalement le contraire de la réalité. L’impression qui ressort pour le lecteur qui ne connait pas le détail de cette controverse? Le PQ veut retirer le crucifix de l’Assemblée nationale au nom de la laïcité. Alors que c’est exactement le contraire. Comment a-t-on pu arriver à un tel retournement de sens?
Je ne dis pas que la nouvelle est malhonnête – sincèrement, je ne le crois pas, d’autant plus que le journaliste qui en est à l’origine est un des meilleurs de sa génération. Je ne crois pas non plus au grand complot des médias – même si je suis le premier à croire que le milieu journalistique peut avoir un biais favorable à une idéologie plutôt qu’une autre. Mais je crois que la volonté d’être original à tout prix dans le traitement d’une nouvelle peut en amener certains à négliger l’essentiel pour tout miser sur un détail pas loin de l’insignifiance. Je ne suis pas certain que le lecteur est ainsi bien servi. Je suis encore moins convaincu que l’électeur est bien servi. C’est malheureux.
Pauvre Mathieu, revenez-en, a peine un Québécois sur dix a une opinion là dessus.
C’est tout de même inadmissible qu’un journal, quel qu’il soit, dise exactement le contraire de la réalité !
La formulation de ce titre d’article est nettement tendancieuse.
Au fait cet article aborde 2 sujets fort importants: la protection du patrimoine religieux au Quebec certes, mais aussi la desinformations mediatiques provenant de la Presse. Si c’etait le premier incident, on pourrait effectivement ne pas mettre en cause leur honnetete intellectuelle. Mais c’est toujours la meme petite recette mesquine.. on cree un Titre qui fait mal et on explique plus loins dans l’article son contraire. Mais ce qui est pire dans tout cela, c’est de voir comment les autres medias reprennent la nouvelle sans contre-verifier avant et basent leurs actualitees et entrevues sur ce titre qui est a la base de mauvaise foi.
Parresse, negligence ou tout simplement en campagne contre les souverainistes.. qui peut savoir…
Bref, votre reponse a cet article de @PaulJournet est un petit bijou dans cette campagne 2012. Bravo M. Bock-Côté!
Ne serait-il pas temps d’abandonner cette malheureuse expression barbare inventée par la Cour suprême et de cesser de parler d’”accommodements raisonnaibles” qui ne correspond à rien en français et d’utiliser l’expression correcte en français qui est “traitement préférentiel”? Si on nommait la réalité correctement, on aurait plus de chance de savoir véritablement de quoi on parle. Il faut mettre fin à cette mystification créée par la Cour suprême.
Je salue cet engagement du PQ de proposer une charte de la laïcité. Cependant, bien que je sois contre les religions, je suis contre l’interdiction des signes ostentatoires religieux. Je ne crois pas que ce soit de bon droit que d’interdire aux gens de se vêtir de la façon qu’ils le désirent ou de porter l’accessoire ou la parure qu’ils veulent. Par contre, l’obligation que je verrais comme correct serait celle de porter l’uniforme réglementaire, lorsqu’il y en a un. Je crois qu’il faut apprendre à être plus tolérant. Je crois qu’il faut apprendre à dépasser les signes. Je crois qu’il faut apprendre à voir ces vêtements ou ces parures pour ce qu’elles sont, objectivement; une burka, c’est une robe, (qui peut être très jolie lorsque visage découvert); un turban, de la guenille; une croix, deux pièces quelconques qui se croisent, etc. Et cette façon de voir les choses réglerait le problème du crucifix à l’Assemblée nationale.
Pauvre Victor, d’où tenez-vous cette information ? Vous parlez de qui ? Vous parlez pour qui ?
L’éthique des médias et la déontologie de ses artisans (éditeur, rédaction, journaliste) n’est-il pas un thème qui justifierait également une commission d’enquête ?
Reconnus incarner le IVe Pouvoir, l’éthique de l’information produite sur les affaires publiques par ces personnes et la déontologie des trois niveaux d’acteurs ne méritent-elles pas qu’on s’y attarde autant que c’est le cas pour les résultats de l’action des 3 pouvoirs classiques et des agents qui le composent ?
Ce domaine est complètement occulté sur le territoire canadien, et conséquemment au Québec, pour diverses raisons.
On a marre de ces athées contradictoires, toujours en conflit avec ses propres origines, pleins d’angoisses et qui essayent de nous imposer ses vues personnelles, souvent extrémistes et absurdes. Fiche-nous la paix!! Il y a d’autres choses plus importantes à penser que le problème d’un sacre crucifix bien ou mal placé. Occupez vous.
D’accord avec elle! Out les religions! Mais son parti, le PQ, n’a pas la meme opinion et fait un joyeux mélange du respect de l’histoire et de la prééminence d’une religion sur les autres avec le maintien de ce symbole dépassé. Pourquoi pas une fleur-de-lys à la place ou un harfang des neiges?
Bravo MBC!
Excellente mise au point
La Presse et 98,5(radio) semblent de mauvaise foi!
Mon seul désaccord porte sur “l’idéologie multiculturaliste”. Cet article de la Charte a malheureusement souffert une interprétation d’ordre CULTUEL par des juges que je qualifie d’incompétents et déconnecter de leur racines! Je comprend que pour la plupart des gens le raccourci fait foi d’évidence…
Bonsoir cher collègue
Il est une heure du matin et 7 minutes ici, et c’est par la magie de Facebook que j’ai pu accéder grâce à un partage de votre texte par une amie à votre juste correcte et judicieuse analyse du rôle de la presse dans la formation de l’opinion publique. Oui, c’est renversant parfois de voir comment des journalistes peuvent dire autrement avec un brin de cynisme des choses très simples.
Dommage pour notre métier Dommage pour le Dialogue entre les peuples et à l’intérieur des pays.
Heureusement que les lectrices et les lecteurs souvent en savent davantage sur le métier du journaliste que les femmes et hommes de médias eux mêmes.
Merci bien à vous et très bonne continuation
Le titre de l’article de La Presse n’a peut-être pas été choisi par l’auteur. On sait que La Presse favorise la laïcité ouverte, et que deux chroniqueurs ont critiqué Mme Benhabib avec véhémence. J’ai l’impression que la rédaction de La Presse a choisi ce titre dans le but de discréditer Djemila.
La charte de laïcité de notre Pauline va s’appliquer dans les institutions francophones. Dans les hôpitaux, écoles, etc., anglophones, c’est l’intelligence qui va prévaloir, et les gens vont s’habiller comme ils veulent et porter ce qu’ils veulent dans une limite raisonnable.
Une infirmière dans un hôpital anglophone va mettre le foulard si elle le désire; chate de laïcité, ou pas. Pensez-vous que les petits juifs dans les écoles primaires anglophones juives subventionnés par Québec vont s’habiller tout à coup en jeans et running avec la casquette en l’envers ?
La charte de Pauline va s’appliquer aux institutions francophones, et il va avoir tiraillements, insatisfactions, chicanes, etc.
Pendant ce temps, les anglophones du Québec et de partout ailleurs vont se divertir en nous regardant distraitement, et ils vont continuer à faire leur vie et à prospérer …
JL