Porte-à-porte : exercice de relations publiques… et d’humilité!

- 10 août 2012

Avec l’arrivée des médias sociaux, le coffre à outils des candidats s’est beaucoup modernisé. Dans chaque circonscription, ceux-ci disposent d’une foule de moyens pour rejoindre leurs électeurs, pour leur parler, les écouter, les convaincre. Toutefois, tout au fond de ce coffre on retrouve un vieil outil; une pratique qui peut paraître archaïque; un anachronisme dans cet univers 2.0. Pourtant, cette activité est encore essentielle en campagne électorale : il s’agit du porte-à-porte.

Toujours un incontournable

Le porte-à-porte constitue encore le moyen le plus efficace de convaincre les électeurs qui, après avoir rencontré leur candidat en personne, ne peuvent plus ignorer son message au moment de faire leur choix. C’est pourquoi les candidats les plus expérimentés n’hésitent pas à y consacrer plusieurs heures par jour, tout au long de la campagne. Pour les électeurs, il s’agit probablement du seul tête-à-tête qu’ils auront avec un candidat. Une bonne poignée de main, les yeux dans les yeux, peut faire toute la différence.

L’ABC d’un bon porte-à-porte

Pour tirer profit de son porte-à-porte, le candidat doit voir les « bonnes personnes ». Rencontrer majoritairement des membres ou sympathisants lui donnera l’impression que tout est gagné (et lui fera perdre son temps !). En revanche, visiter des adversaires coup sur coup pourrait le démoraliser ! Il est donc essentiel que l’organisation effectue un bon pointage afin de diriger son candidat vers la zone payante : les indécis. Il est également de bonne pratique de rencontrer des personnes identifiées comme étant de bons « influenceurs ».

Idéalement, le candidat est accompagné d’une personne connue dans le quartier qui initie la conversation en présentant « son » candidat. Muni d’une carte de visite ou d’un dépliant, le candidat entame alors la conversation, présente succinctement ses engagements pour le comté, questionne l’électeur sur ses attentes et sur les enjeux qui l’intéressent et prend même quelques notes, si nécessaire (ça fait toujours bonne impression !). Il termine l’exercice par une franche poignée de main en sollicitant l’appui de l’électeur et des ses proches. Témoin de la conservation et de son dénouement, l’accompagnateur accordera une nouvelle « cote » à cet électeur. Si elle est favorable, cette personne sera contactée le jour du vote. L’opération durera au plus cinq minutes. C’est qu’il y a beaucoup de monde à voir!

L’opération peut sembler facile, mais elle est très exigeante. Plusieurs organisateurs sont en mesure de raconter des histoires croustillantes sur des candidats vedettes dont le gros égo s’est dégonflé après seulement deux ou trois portes, ou encore celui qui faussa compagnie à son accompagnateur à la première occasion !

Il n’en demeure pas moins que le porte-à-porte est un excellent exercice de relations publiques puisqu’il permet un contact personnalisé entre l’électeur et le candidat. Un moment privilégié. Toutefois, il exige une bonne dose d’humilité; certains commentaires sur le programme du parti, sur le chef ou sur le candidat lui-même peuvent être assez directs. Un bon candidat saura comment ramener la conversation sur un terrain plus harmonieux, gardera le sourire et conclura l’échange sur une note positive. Si la rencontre a été agréable – et même s’il n’a pas été convaincu – l’électeur ne manquera pas d’en parler avec son entourage de vive voix ou par l’entremise des médias sociaux !

L’équipe du blogue électoral d’Octane Stratégies

 

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