Ce que vous lirez ne plaira pas à tous les indépendantistes.
Et c’est tant pis. Parce que nous sommes à l’heure des choix. L’heure où l’on sépare les hommes des enfants (sic). Celle où l’on fait le tri entre les idéaux et les illusions. Entre les « vraies affaires » et les « vrais enjeux ».
Je suis un peu en colère contre les indépendantistes de les voir entrer dans cette campagne désunis. Imaginez : le 4 septembre, si l’on compte les candidats du Parti québécois, de Québec solidaire, Option nationale et le Parti indépendantiste, il pourrait y avoir… 500 candidats indépendantistes.
Pardon, 498.
En effet, il y en aura deux de moins. Parce que Québec solidaire et Option nationale ont conclu un pacte de non-agression dont le principal effet est que la première formation ne présentera pas de candidats dans le comté du chef de la seconde formation et vice-versa.
C’est justement de ça dont j’aimerais vous parler.
Depuis qu’il a publié le Manifeste Brisons l’impasse, le 16 août 2011, le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) invite les partis indépendantistes à l’unité. Ceux-ci ont eu une première ronde de discussions avant le printemps québécois, entre eux, qui s’est soldée par un échec autour du mois de février 2012. À la suite d’une assemblée citoyenne du NMQ le 3 juin dernier qui faisait le bilan du printemps québécois et au cours de laquelle les participants sont venus réclamer à nouveau cette unité, j’ai engagé avec plusieurs personnalités publiques des discussions afin de mener à l’Appel au Front Uni (www.unfrontuni.org), qu’ont signé 12 000 citoyens. Cet Appel proposait aux partis indépendantistes un médiateur et un processus de négociation pour ultimement trouver cette nécessaire unité, à l’approche de l’élection. Les partis ont véritablement discuté et s’échinaient au texte d’une résolution commune, un pacte de non-agression à trois se déclinant essentiellement par l’identification d’adversaires communs, qui étaient la CAQ et le PLQ. Tout le monde est parti en vacances une dizaine de jours, convenant de poursuivre ensuite.
De nouveau, la tentative a échoué.
Avant que les pourparlers ne puissent reprendre, Québec solidaire et Option nationale ont conclu un pacte de non-agression entre eux, en dehors des pourparlers que l’Appel au Front Uni avait permis d’engager.
Leur choix.
En agissant de la sorte, en passant ce pacte à deux, QS et ON envoient l’impression que le PQ ne voulait pas discuter avec eux. Mais dans les faits, le PQ a discuté et un texte était en voie d’être adopté par ces trois partis, en prélude à la poursuite des discussions.
Finalement, l’Appel au Front Uni, contrairement aux intentions qui étaient siennes, a eu comme conséquence de diviser les indépendantistes de gauche et de droite alors que l’adversaire commun est le statu quo, ce synonyme de recul durable pour le Québec que proposent la CAQ et le PLQ
Enfin. Peu importe. On se console à l’idée que tout ce beau monde reste indépendantiste, mais on se désole en se disant que tout ce beau monde reste désuni.
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Cette campagne sera déterminante pour les 15 à 20 prochaines années.
Nous ne sommes pas appelés à voter sur de simples programmes politiques, des plateformes ou encore des discours. Dans le contexte politique que nous vivons depuis un an, nous sommes appelés à choisir une philosophie politique qui guidera tous nos pas. En somme, nous avons le choix entre le canadianisme des Libéraux, la souveraineté et l’intendance de Legault. Le choix entre l’abdication, la prise en main de notre destin et la fuite en avant dans la seule conciergerie de l’État.
Dans ce contexte, de voir que la souveraineté figure seulement à 9 % dans les priorités peut étonner. Je dis que c’est la résultante de la division indépendantiste actuelle.
En effet, par la force des choses, le jeu parlementaire et électoral exige des partis qu’ils cherchent à se distinguer l’un l’autre face au public, à se phagocyter en quelque sorte entre eux par des éléments de contenus spécifiques qui les caractérisent, des idées que bien entendu chacun veut faire avancer de bon droit. Mais entre eux, cela force les partis indépendantistes à parler de tout, sauf de ce qui les unit. Pour le Parti québécois, c’est le bon gouvernement; pour Québec solidaire, c’est le progressisme; pour Option nationale, c’est la méthode d’accession à l’indépendance, ce qui est beaucoup mieux. Mais, dans les faits, chacun est mu par le besoin impérieux de se distinguer face à l’autre aux yeux de l’électorat. Et c’est ainsi qu’on vient à parler beaucoup moins d’indépendance. Et c’est ainsi qu’en en parlant moins, celle-ci fléchit dans les priorités des Québécois. Paradoxe.
Mais ne nous leurrons pas, la souveraineté EST un enjeu de cette campagne. Nous sommes face à deux gouvernements qui contribuent à désorienter les Québécois : le gouvernement canadien, qui s’éloigne de nous et de nos préoccupations et passe trop de politiques publiques contraires à ce que nous sommes, de Kyoto à l’avortement en passant par la photo de la Reine, l’abolition du Registre des armes à feu, etc.; le gouvernement Charest, qui ignore les préoccupations des citoyens, divise les Québécois entre eux, restreint leurs libertés civiles, cultive le cynisme, tente de nous détourner les yeux de sa corruption, déconstruit les fondements de l’État québécois et dépossède les citoyens de leurs ressources naturelles.
Entre indépendantistes, disons-nous les vraies choses : il n’y a pas de projet social possible sans État véritable pour le réaliser. Prétendre le contraire, c’est susciter des espoirs qu’une province ne peut assouvir, c’est provoquer des insatisfactions perpétuelles, nous entraîner dans l’illusion, bloquer en somme nos perspectives.
En 1995, les indépendantistes détenaient le pouvoir. Ils cognaient aux portes de la liberté. C’est de cette façon qu’on fait entrer dans le réel des idéaux, en travaillant à transformer nos idées en véritable politiques publiques. Comme disait Chateaubriand : « Toute opinion meurt impuissante ou frénétique si elle n’est logée dans une assemblée qui la rend pouvoir, la munit d’une volonté, lui attache une langue et des bras ».
Dans cette élection, les indépendantistes auront un choix cruel à faire. Ils devront déterminer avec rigueur où se situe la meilleure possibilité pour eux de remettre notre indépendance sur la table. Quel est le meilleur véhicule politique pour faire avancer notre souveraineté? Dans un contexte où l’on sait qu’en excluant 1981, le Parti québécois n’a jamais obtenu de son histoire de majorité écrasante et que, par conséquent, les indépendantistes ont impérieusement besoin de toute leur unité pour faire avancer leurs idées, ce choix sera crucial à l’avenir de l’indépendantisme au Québec. Or, pour faire l’unité, nous devons apprendre à vivre dans notre diversité d’indépendantistes, ce que nous nous refusons encore.
Le Québec est à la veille de passer à autre chose après neuf ans de gouverne libérale ignominieuse. Il doit passer de la critique à la construction, du mécontentement à l’espoir, de la résistance à l’indépendance. La division des souverainistes est funeste. La défaite n’est jamais un nid confortable.
Il appartient maintenant à vous, Québécois, de faire un choix. J’ai confiance en votre intelligence politique. J’ai confiance que nous y arriverons.
Jocelyn Desjardins est porte-parole du NMQ (unnouveaumouvement.org)
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Régulièrement, à l’invitation du Journal, nous publierons dans ce blogue le billet d’un citoyen connu.
Le thème choisi: Mes élections.
Les invités ont carte blanche quant au choix des mots.
Nous tenons toutefois à vous rappeler que le Journal n’endosse ni ne prend position sur les opinions ou sujets exprimés dans ce billet.
Vous pouvez croire que QS et ON ont mal fait de faire leur pacte ainsi, mais il est en aucune mesure pensalbe que leurs gestes, tels que vous les avez décrits dans ce texte, aient pu en aucun cas nuire aux discussion en cours (en effet, les chefs d’ON, QS et PQ auraient fait parti de ce pacte d’une faôn ou d’un autre). Cela s’est donc joué sur d’autres plans de négociations qui n’ont pas été éventés dans les médias
Il est possible, cependant, que l’expérience politique de QS et ON les ait conduit à abandonner un terrain miné par les manigances et les abus de pouvoirs tels que Léo Bureau-Blouin vient de les connaitre. Il vient de demander une trêve au mouvement étudiant… la dernière chose qu’il aurait dû penser à faire! Il s’est fait manipuler comme un débutant… j’oubliais il est un débutant pour ces maniaques de politique qui hantent les “couloirs” et “corridors” du PQ!
Vous savez j’ai arrêté de voter pour le PQ, il y a de cela quelques années (Legault s’y vautrait), quand j’ai compris (pour moi même, c’est suffisant!) que plus rien de bon ne sortirait de ce parti, même pas l’indépendance du Québec. Et cela, même si j’avais eu tendance à croire comme Loco Locass que “la fin sanctifie les moyens!”
Je ne voterais pas pour le PLQ ou la CAQ, vous devinez la suite.
P.S. Aux conservateurs du Québec, je n’ai rien à cirer de votre opinion!
Jocelyn. Je t’invite à relire les statuts d’Option Nationale. C’est le seul parti qui a inscrit dans ses statuts la collaboration, voir le fusionnement ossible avec tout parti étant près de la raison de son existence, la souveraineté.
Bonjour Jocelyn Desjardins,
Si quelqu’un se leurre, c’est peut-être vous. On sent bien votre appel, que votre prose abondante — et intéressante — n’arrive pas à dissimuler : il ne faut pas ” se diviser “, et à défaut de front uni, votons pour le PQ.
Le Parti québécois fut, autrefois, la coalition que vous appelez de tous vos voeux. Le ciment de cette coalition, sa ligne de force, son point de rassemblement : l’indépendance du Québec.
Aujourd’hui, et depuis plusieurs années déja, ce ciment n’existe plus. Vous essayez de faire tenir ensemble un paquet de morceaux plus ou moins disparates, sans colle, sans attache, sans cause commune.
Votre propos larmoyant sur l’Immense et Incommensurable Péril libéral n’y change rien : le PQ de 2012 ne parle pas de souveraineté; il parle d’aller réclamer des pouvoirs à Ottawa. Cela, si l’on retient les leçons de l’histoire récente, laisse surtout entrevoir une gouvernance provinciale s’étalant sur plusieurs années, selon des termes qui, évidemment, peuvent déplaire à des souverainistes penchant plus à gauche ou plus à droite que le PQ, qui ne se sentent pas obligés de se rallier, devant l’absence de tout engagement indépendantiste concret.
Vous aurez beau semoncer, sermoner, dénoncer, amplifier et hypertrophier le jeu de la haine du gouvernement sortant jusqu’à des proportions complètement folles, d’autres, plus calmes, continueront de constater qu’en toute objectivité, tant les bilans que les programmes péquistes et libéraux, actuels et d’un passé récent, se ressemblent davantage qu’ils ne se distinguent, et qu’il est possible, dans notre belle démocratie, de réfléchir et de voter librement, sans être influencé par la valse ordinaire, et ennuyante, de l’alternance entre partis de pouvoir traditionnels.
NP
Il y a des causes qui transcendent d’autres causes. Comment une province réalisera-t-elle sa souveraineté si elle ne l’a pas? Comment certains partis réaliseront-ils leur programme sans la souveraineté? Ils semblent bien que certains n’ont pas encore compris la suite des événements. C’est tout le paradoxe des partis qui font prévaloir leurs illusions sur le fond des choses. Comment réaliser un projet collectif quand il nous manque la moitié du matériel et des outils?