La région de Québec : le salut des Libéraux ?

- 3 août 2012

À regarder les sondages et les projections de sièges, on pourrait se demander pourquoi Jean Charest a décidé de déclencher des élections maintenant. Après tout, il lui restait plusieurs mois pour le faire. Il y a bien diverses raisons possibles (faible taux de participation durant l’été, ce qui favoriserait le PLQ ; Éviter la commission Charbonneau ; confiance en ses compétences de faire une bonne campagne, etc), mais l’intérêt de ce billet est de regarder une région en particulier où les Libéraux sont sondées plutôt haut : la grande région de Québec.

Le dernier sondage Léger a confirmé une tendance observée depuis quelques mois déjà : le PLQ est en tête dans la région de Québec, avec une confortable avance sur le PQ et même la CAQ. Cela peut paraître surprenant. En effet, en 2008, les Libéraux avaient obtenus environ 40% des votes dans cette région, devant la défunte ADQ avec ses 31% et le PQ à 24%. Selon le dernier Léger, alors que le PLQ chute de 11 points au niveau provincial, ce parti se retrouverait à 37% à Québec ! Une résistance remarquable et fort différente du type de variation que ce parti connaissait dans cette région par le passé. À l’inverse, alors que l’ADQ était traditionnellement forte dans cette région, la nouvelle CAQ se retrouve à lutter pour la 2e place avec le PQ. François Legault et son parti sont en effet à seulement 26%. Bien sûr, l’échantillon étant petit, de grandes marges d’erreurs s’appliquent. Comme mentionné plus tôt cependant, ces chiffres ne sont pas nouveaux et on voit une claire tendance aux cours des derniers mois. Comment l’expliquer ? Une possible explication est liée au conflit étudiant. La plupart des sondages sur la question montrent en général une fragmentation de l’opinion publique entre Montréal et Québec sur cet enjeu, avec la seconde généralement favorable au gouvernement. Avec la CAQ n’arrivant pas à se démarquer sur cet enjeu (ce parti n’a présenté son plan que la semaine passée et ce dernier reste relativement proche de la position du gouvernement), il se peut que les Libéraux aient fait des gains dans la capitale nationale (et perdu quelque peu dans la région de Montréal si l’on en croit les sondages). Il se peut également que lors de la disparition de l’ADQ, ses électeurs n’ont pas suivi et ont préféré rejoindre les Libéraux. Peu importe la raison, ce n’est pas le but de cet article.

En ce qui concerne le modèle de projections, le PLQ est actuellement sous-estimé dans le grand Québec par rapport au sondage Léger. Ce genre de variations au sein de la province est plus difficile à capturer. En effet, le modèle part du principe que si un parti ne bouge pas au niveau provincial (ex : le PLQ obtiendrait 42% dans les sondages actuels), alors ce parti ne bouge pas dans aucune circonscription. Cela est en général une bonne hypothèse mais peut s’avérer problématique lorsque qu’un ou des partis connaissent des variations géographiques importantes. Dans notre cas précis, les Libéraux semblent avoir perdus des votes à Montréal et en avoir gagné à Québec. Et il semble y avoir un ré-alignement majeur entre le PLQ et la CAQ dans la région de la capitale nationale. Le modèle actuel (et le simulateur sur le site) n’ont pas encore été modifiés car j’attends d’avoir davantage de sondages durant la campagne. J’ai néanmoins faits des essaies afin de refléter la domination Libérale à Québec. Le résultat ? Le PLQ fait quelques gains et se retrouve bien plus compétitif face au PQ, étant projeté à 54 sièges au lieu de 49 (le PQ reste peu affecté à 62 sièges). Le grand perdant est naturellement la CAQ qui se retrouverait avec seulement 8 sièges, malgré ses 22%. Il faut se souvenir que le mode scrutin est tel qu’un tiers parti comme la CAQ se doit de concentrer son vote et de possiblement dominer dans quelques régions. Si François Legault se retrouve loin derrière les Libéraux même à Québec, cela ne laisse rien présager de bon pour son parti. (note: afin de maintenir ce texte à une longueur respectable, les détails plus techniques sont expliqués dans ce billet)

En conclusion, nous verrons si cette tendance se maintient. Si oui, le modèle et simulateurs seront mis-à-jour comme il se doit. Mais il se pourrait fort bien que la domination du PLQ dans la région de Québec explique pourquoi Jean Charest ait décidé d’y aller maintenant. Cette région peut en effet lui donner plusieurs sièges importants.

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1 commentaire

  1. Dans la région de Québec, le vent de changement m’apparaît sur le Web du côté d’Option nationale et de Québec solidaire plus que de la coalition Avenir Québec. Au détriment du Parti Québécois. C’est une planche de salut pour le Parti libéral mais elle est à roues alignées; il faudra pédaler fort pour sortir le vote de fond et la machine est-elle encore là.

    Les Cols rouges qui se pointent seraient mauvais pour l’ADQ et le Parti libéral et pourraient favoriser le PQ.

    Dans la région de Québec, il y avait peut-être une fenêtre, le ministre Gignac y vient. J’imagine que ça ouvre la porte à quelqu’un de ministrable dans Marguerite-Bourgeois.

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