Êtes-vous féministes ?

- 12 septembre 2012

Dans ma chronique de ce matin je parle de cette journaliste britannique fabuleuse Caitlin Moran qui a écrit le bestseller How to be a woman. Elle ne comprend pas pourquoi les femmes refusent encore d’être identifiées comme féministes.

 

Et vous, est-ce que cette étiquette vous fait encore peur ?

Humoriste et féministe

Quel est LE best-seller en ce moment aux États-Unis ? Ce n’est pas un roman à l’eau de rose, ou une histoire de vampires. C’est un manifeste féministe, hilarant et assez heavy métal.

How to be a woman  de la journaliste britannique Caitlin Moran est le deuxième plus gros vendeur sur la liste du New York Times. C’est le truc le plus décoiffant, le plus drôle et le plus rafraîchissant que j’ai lu depuis longtemps.

Qui aurait cru qu’en 2012 un manifeste féministe ferait courir les foules ?

COMMENT ÊTRE UNE FEMME

Oubliez « Le deuxième sexe ». Caitlin Moran, c’est pas Simone de Beauvoir. On dirait qu’elle a écrit son livre avec une scie électrique. Attention, ça revole ! Elle sacre à chaque page, écrit une phrase sur deux TOUTE EN MAJUSCULES et utilise le gros bon sens et la grosse dérision pour dénoncer la « mer de bullshit » à laquelle les femmes sont confrontées tous les jours.

En résumé, Moran leur dit : « Non, vous n’avez pas besoin de vous épiler les poils pubiens : ça coûte une fortune, ça fait mal et ça sert à rien. Non vous n’êtes pas obligées de porter des talons hauts : ça ne nous donne pas de pouvoir, c’est ridicule et c’est impossible de marcher avec ces affaires-là. Oui vous avez le droit d’aimer la porno : les féministes ne devraient pas bannir la porno, elles devraient en produire ! c’est toujours le même scénario plate! Je veux voir des femmes avoir du fun en faisant l’amour et jouir très fort ! »

Surtout, Moran ne traite pas les femmes comme des petites choses fragiles ni comme des victimes. Elle les prend par le collet et leur crie dans les oreilles : « Avez-vous un vagin ? Voulez-vous être en charge ? Si vous avez répondu oui à ces deux questions, félicitations, vous êtes une féministe. »

Moran était tannée de voir que dans les sondages, la majorité des femmes disent qu’elles ne sont pas féministes. « C’est quelle partie de la phrase «  libération de la femme » qui ne vous concerne pas ? Le droit de vote ? Le droit de ne pas appartenir à votre mari ? Coudonc, étiez-vous toutes saoûles au moment de répondre au sondage ? »

ÇA DÉMÉNAGE !

How to be a woman n’est pas un essai académique, écrit pas des universitaires: Moran n’a jamais mis les pieds dans une université et elle a cessé d’aller à l’école à 11 ans !

Cette femme est vraiment une drôle de bibitte. Elle a publié son premier roman à 15 ans, a commencé à écrire des textes dans les journaux à 17 ans et elle avait sa propre chronique dans le Times de Londres, à 18 ans !

J’adorerais que les féministes québécoises, qui ont autant de sens de l’humour qu’un barreau de chaise, lisent le livre de Moran. Dès que ce sera traduit en français, j’en envoie une copie au Conseil du statut de la femme et à la Fédération des Femmes du Québec.

Vous me trouvez dure ? J’ai le droit. Moran l’écrit dans son livre: « Les femmes devraient pouvoir bitcher d’autres femmes. Être une féministe, ça ne signifie pas être une bouddhiste. »

 

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7 commentaires

  1. Je ne crois pas être une féministe,j’ai élevée ma fille en l’aidant a prendre sa place,mais jamais au détriment d’une autre personne.Elle a étudiée avec des garçons,et des filles et tous sentaient qu’une place les attendaient,tout etait possible pour eux il n’y avait pas de différence entre eux.J’ai laissé ma mère lui parler de son temps avec toute la sagesse qu’elle avait acquise,le message a très bien passé,car ma fille a vue la différence entre sa génération et celle de sa grand-mère,aujourd’hui ma fille élève deux garçons,et elle leur montre tout ce qu’il y a à faire dans une maison et plus,mais surtout elle leur montre la politesse le respect des autres et des filles,elle les aide a devenir des personnes responsable et respectueuse de tout les gens qu’ils rencontrent. Dans la vie nous n’avons pas besoin de bitcher,seule les filles qui n’ont pas confiance en elle aime bitcher pour se remonter un peu,et a mon avis c’est désolant et méprisant tampi pour elles……

  2. David Gagnon dit :

    Le/La Québécois/e moyen/ne n’a pas l’énergie inutile et insignifiant pour se poser des questions aussi stupides comme vous le faite si bien !

  3. Denis Lévesque dit :

    Ah la la! Pourquoi tant de fiel envers notre charmante et intelligente chroniqueuse qui n’est pas d’origine française à ce que je sache (elle a étudié en France, je crois savoir) et même si elle l’était ce ne serait pas une tare. Habituellement, les Françaises et les Français s’expriment très bien et ne veut-on pas que le Québec s’enrichisse d’immigrants qui s’intègrent à la culture française?
    En ce qui concerne le sujet du féminisme, le peu de commentaires que la chronique a suscitée est peut-être un symptôme que cette idéologie (?) n’a plus trop la cote. On dit que les jeunes femmes hésitent à s’identifier comme féministes. Il doit y avoir une raison. Peut-être parce qu’elles sont bien? Elles forment la majorité dans les universités, elles occupent la majorité des postes d’enseignantes, etc.
    Mais les féministes de la première heure semblent insister: vous êtes féministes sans le savoir! Et les acquis qui sont si fragiles… les acquis sont toujours fragiles. C’est une sorte de prudence un peu parano, au cas où il y a aurait un grand vent de droite comme il y a aux États-Unis? Je ne sais pas.
    Le féminisme est devenue difficile à définir: l’égalité des droits. Qui serait contre? Sont-elles pro-porno ou contre la porno? Sont-elles pour la coquetterie ou refusent-elles ces signes de soumission? Ont-elles le sens de l’humour ou pas?
    Je pense que pour la plupart des femmes le féminisme a été un moyen et pas une fin en soi. Quand ells ont obtenu ce qu’elles voulaient, elles ont abandonné le sujet. Mais d’autres s’accrochent, elles sont féministes à la recherche de cette féminité qui devient une sorte d’idéal, vague et changeant qui appartient à un horizon lointain et diffus. Bon, ça les regarde. Chacun sa vinaigrette.

  4. ToéMoé dit :

    Vous écrivez :

    J’adorerais que les féministes québécoises, qui ont autant de sens de l’humour qu’un barreau de chaise, lisent le livre de Moran. Dès que ce sera traduit en français, j’en envoie une copie au Conseil du statut de la femme et à la Fédération des Femmes du Québec.

    Quel culot !

    Les femmes de mon Pays ne sont ni pédantes, ni arrogantes !

    Pour qui vous prenez-vous à vouloir leur donner LA LEÇON ?

    Vous êtes d’ une impertinence à vomir !

  5. Nelson dit :

    SOPHIE, LA QUESTION QUE SE POSE LA JOURNALISTE BRITANIQUE EST EXCELLENTE ;

     » pourquoi les femmes refusent encore d’être identifiées comme féministes. »

    Je crois que c’est parce que beaucoup de femmes ne savent pas, ne comprennent pas, ne réalisent pas, ce quoi être féministe…OU SONT MANIPULÉS PAR DES HOMMES MALADES ET DES ÉGLISES….

    Des femmes que se disent pas féministes est égal à des gays anti-gays, des noirs anti-noirs, des handicapés anti-handicapés…..

    Il est impossible que des femmes ne soient pas féministes….ET DES HOMMES NORMAUX AUSSI.

    La situation des femmes à travers de l’histoire de l’humanité à toujours été, et l’est encore, ATROCE !!!!!

    Le féminisme vise à combattre les atrocités commises aux femmes et il est impossible qu’aille des femmes contraires à ça…et des hommes normaux aussi.

    Certains hommes malades, des églises, ceux qui profitent et abusent des femmes sont contraires aux féministes.

    Les hommes normaux, équilibrés, sains, et les femmes informés et pas manipulés par des églises et des hommes abuseurs, SONT FÉMINISTES !!!!

  6. VivianeP dit :

    Merci pour le droit de vote et le droit de demander le divorce. Merci pour un paquet d’autres trucs de ce genre.

    Mais….

    Pour moi, ma libération m’est venue quand j’ai fait sortir le féminisme de ma vie et que j’ai embrassé MA FÉMINITÉ dans tout ce qu’elle avait de plus traditionnelle.

    Le bonheur que j’ai eu de me consacrer à l’éducation de mes enfants! de ne plus me sentir obligée d’avoir une carrière! le plaisir et la fierté que j’ai à m’occuper de mon foyer à temps plein (oh oui! ménage, lavage, repas, rendez-vous chez le médecin, rencontres avec les profs, devoirs, leçons, soigner les bobos, c’est mon gratifiant quotidien!). Et en plus, je dépends financièrement de mon mari (pas mon chum: MON MARI!).

    C’est à l’époque où j’essayais d’être une femme moderne que je me sentais en prison. Et c’est depuis que je vis comme une femme d’une autre époque que je suis libre et heureuse. Et que j’ai de vrais orgasmes.

    Dépressions, angoisses, stress, enfants mal élevés, peine-à-jouir, je n’envie pas particulièrement les femmes « libérées »!

    Alors non, je ne me sens pas féministe du tout.

    Je comprends bien qu’il y a des femmes sur la terre qui vivent de profondes injustices et pour elles, je serais féministe. Mais pour la Québécoise? Pas pentoute. Je plains les hommes québécois.

  7. emilienne laforge dit :

    Je trouve malheureux que des personnes croient qu’être féministe, c’est « être frustrée et Bitche ». Lire une réalité répandue et défendre nos droits n’a rien de disgracieux. Les moyens pris sont au goût de chacune et selon ses capacités, pourquoi ne pas les encenser plutôt que de les dénigrer

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