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Luc Langevin repousse ses limites

- 9 avril 2013

LUC[2]

Radio-Canada présentera la nouvelle émission spéciale de Luc Langevin, Aux limites de l’illusion 2, demain soir, à 20 h.

Celui qui avait reçu des personnalités comme Paul Houde et Brigitte Boisjoli lors de la première édition de cette émission spéciale, diffusée en avril 2012, récidivera aux côtés de Pénélope McQuade, René-Richard Cyr, Julie Le Breton et Éric Bruneau. Il promet également d’y présenter l’illusion la plus dangereuse de sa carrière.

Afin d’en apprendre un peu plus sur la création de cette émission — qui deviendra certainement une tradition annuelle —, le Journal s’est entretenu avec le magicien qui, par les temps qui courent, se consacre également à la création de son premier spectacle intitulé Réellement sur scène.

Voici ce qu’il avait à nous dire sur…

le concept de son émission.

«Nous travaillons sur le concept de l’émission depuis plusieurs semaines. Je dirais qu’en tout, nous y avons consacré au moins trois mois. Les thèmes des numéros vont nous amener jusqu’à la finale. Ç’a donc demandé un gros travail de conception. Nous avons commencé par créer le numéro final, qui m’a été proposé par l’un de mes consultants. C’est lui qui a pensé à cette évasion. Ensuite, mes collègues et moi avons créé les numéros qui ont mené jusqu’à cette finale. Tout devait être bien ficelé.»

la finale de l’émission.

«On a beaucoup parlé du fait que c’est l’illusion la plus dangereuse que j’aie eu à faire jusqu’à présent. C’est vrai. Je ne fais pas beaucoup de tours qui me mettent réellement en danger. Cette illusion est le numéro qui nous a coûté le plus cher en frais d’assurance. Même si ce que je fais, c’est de l’illusion, il y a toujours un risque. Je peux vous dire que j’étais un peu stressé avant de commencer le numéro.»

le choix de se mettre en danger.

«Dans la première édition d’Aux limites de l’illusion, le numéro que je présentais en finale avait été fort apprécié du public. Je donnais l’illusion de rajeunir à l’âge de 13 ans. Il y a même des gens qui m’ont dit avoir versé une larme en regardant le numéro. J’étais tellement fier de cette illusion. Je me suis tout de suite demandé comment j’allais faire pour accoter ça dans la prochaine émission. Je me suis dit que je devais toucher à une autre gamme d’émotions. J’ai opté pour le suspense et la tension. Pour cela, je devais me mettre en danger.»

la préparation de son spectacle.

«J’ai les deux pieds dedans. Je dirais même que je suis dans le jus. Présentement, le spectacle est pas mal tout conçu sur papier. Nous sommes, en ce moment, en train de tester les illusions. Nous sommes aussi en train de faire l’évaluation de nos besoins. Nous testons donc les numéros avec des bouts de cordes et quand ça fonctionne, nous donnons le « go » pour créer les objets dont nous avons besoin. Il faut rappeler que c’est un spectacle qui coûte vraiment très cher à produire (NDLR : Luc agit à titre de co-producteur sur le spectacle). Nous devons nous assurer, également, que les illusions fonctionnent dans tous les angles, puisque nous allons nous produire dans les théâtres. C’est complexe, mais nous y arrivons.»

la vente des billets.

«Ça se déroule très bien. Nous avons déjà franchi le cap des 25 000 billets vendus et la première n’a pas encore eu lieu. Nous sommes très heureux de cela, surtout pour un premier spectacle. En même temps, ça me met une pression supplémentaire sur les épaules (rires).»

son récent voyage en Europe.

«Je ne peux pas donner trop de détails à ce sujet, pour le moment, mais je peux dire que je tourne un documentaire qui portera sur le monde de la magie. Nous avons été à Londres, à New York et à Paris et il y a encore des tournages à venir.»

La première du spectacle Réellement sur scène de Luc Langevin aura lieu au mois d’août. Toutes les informations concernant les représentations se trouvent sur son site luclangevin.com.

Parlons magie avec Luc Langevin

- 8 novembre 2012

À compter du mois d’août 2013, l’illusionniste Luc Langevin présentera son premier spectacle aux amateurs de magie de partout au Québec. J’ai eu la chance de m’entretenir avec la vedette de l’émission Comme par magie dans le cadre d’une entrevue qui sera publiée dans le cahier week-end du 10 novembre. En plus de la création de son spectacle, nous avons pu discuter de cet art méconnu du grand public. Voici un compte-rendu de cet entretien.

Un numéro, ça demande combien de temps de préparation?

Ça varie beaucoup, tout dépend du numéro. Certains tours peuvent me prendre quelques heures, d’autres, quelques années. Ça dépend de ce qu’on fait. En illusion, on peut faire tellement de choses. Les numéros pour un spectacle en salle, par contre, demandent plus de temps. Je peux passer plusieurs semaines sur chaque numéro. Dans plusieurs cas, ça demande même plusieurs mois.

Est-ce que tu travailles seul sur ces numéros?

Non. Surtout pour un numéro d’illusion, car tout est important : la mise en scène, la musique, l’éclairage… Dans la musique, il peut y avoir un effet sonore qui renforcit l’illusion. L’éclairage, de son côté, peut démolir un numéro. Nous devons donc pratiquer les numéros avec tous les éléments.

Combien de personnes travaillent sur ton spectacle?

En ce moment, il y a une dizaine de personnes si je compte le metteur en scène, les consultants et le scénographe.

Tu fais affaire avec des consultants…

Je ne serais pas capable de tout faire seul. J’engage d’autres magiciens qui me donnent un coup de main. Nous parlons des méthodes, de comment je peux réaliser un numéro. S’ils finissent par créer un numéro pour moi, je dois l’acheter avant de le présenter. Ça arrive. Sur la série Comme par magie, ç’aurait été impossible que je conçoive tous ces numéros. Pour le spectacle, par contre, pratiquement tous les numéros ont été conçus par moi. Par contre, à l’intérieur de chaque numéro, il y a quelques effets ou subtilités qui ont été apportés par mes consultants.

Comment appréhendes-tu ce passage à la scène?

Les gens n’ont pas conscience de cela, mais quand nous tournons avec des artistes pour des spéciaux télé – nous avons fait cinq émissions spéciales jusqu’à présent — je suis sans filet. Je considère que je ne peux pas reprendre mes numéros, car les artistes pour qui je les fais ne peuvent pas prétendre être surpris deux fois. J’ai donné beaucoup de spectacles dans le milieu corporatif aussi. Ce n’est donc pas complètement nouveau, pour moi. Durant toute l’aventure Comme par magie, sur les quelque 300 tours que j’ai faits, je crois qu’il m’est arrivé que six ou sept fois de me tromper. En plus, dans un numéro de magie, les gens ne savent jamais ce qui est supposé arriver… Je peux toujours trouver une autre issue ainsi.

Lorsque tu crées un numéro, quelles sont tes limites?

La limite, en fait, c’est le budget. David Copperfield a fait disparaître la Statue de la Liberté. Quand tu as de l’argent, il n’y a pas de limite. Quand tu es moins riche, comme nous, tu deviens plus créatif et tu fais des tours avec des bouts de cordes et des élastiques (rires).

Tu es coproducteur du spectacle. Pourquoi était-ce important, pour toi, de t’impliquer à ce niveau?

Pour plusieurs raisons. D’abord, je voulais avoir plus de contrôle sur ma carrière. Claude Veillet (l’agent de Luc et coproducteur du spectacle) et moi, nous nous entendons très bien. C’est important, pour moi, d’avoir des revenus proportionnels au succès du spectacle. J’aimerais pouvoir faire des spectacles à plus grand déploiement, éventuellement, et je me dis que si j’investis et que ça rapporte, je vais pouvoir réinvestir dans un prochain projet. C’est une stratégie pour évoluer en tant qu’artiste.

Ton rêve, quel est-il?

Je rêve de me rendre parmi les plus grands et de faire évoluer l’art. Encore aujourd’hui, les gens ont une image vieillotte du magicien avec sa canne et son chapeau. Le Cirque du Soleil a un peu révolutionné les arts du cirque, alors moi, j’aimerais contribuer à ce changement-là dans le monde de la magie. Mon personnage scientifique contribue à cela. Je rêve d’avoir une carrière internationale.

As-tu une idole dans le milieu?

Il n’est pas très connu du grand public, ici. C’est un gars qui s’appelle Derren Brown. C’est une superstar, à Londres. C’est un mentaliste. Il se spécialise dans tout ce qui est lecture de pensées et manipulation de l’esprit… Tout comme moi, il a une carrière à la télé. Il présente aussi des spectacles. Il est formidable. C’est le plus grand mentaliste au monde. Il a amené cette branche de la magie plus loin. J’aimerais être capable de faire la même chose au niveau de l’illusion.

Il y a beaucoup de magiciens au Québec?

Oui, il y en a plusieurs. La première fois que j’ai joint un cercle de magiciens, j’avais 16 ou 17 ans. C’était intimidant, au début, parce que le plus jeune, dans le groupe, avait le double de mon âge. Pour entrer, il fallait faire un numéro devant les magiciens pour démontrer qu’on était digne de faire partie du groupe. À ce moment-là, nous étions une quarantaine. Ce ne sont pas des gens qui vivent tous de la magie à temps plein, mais il devait y avoir au moins cinq ou six professionnels. C’est difficile de percer en magie à cause de tous les préjugés qui disent que la magie, c’est pour les enfants. Il y a aussi le fait que la magie, ça coûte très cher. Monter un show, ça coûte une fortune.

Es-tu encore membre du groupe?

Oui (rires), mais j’y vais moins, puisqu’il est à Québec. Je vais y aller cette semaine, car je serai en promotion là-bas. Il y a beaucoup de gens, parmi les membres, avec qui je collabore à l’occasion.